Fourmies : Nouveau dispositif municipal de lutte contre la desertification médicale et l’accès aux soins
De nombreux territoires souffrent d’un déficit en termes de professionnels de santé.
Depuis 2010, la France a perdu 6,8 % de ses médecins généralistes et, selon les projections, en perdra autant d’ici 2025.
Fourmies compte seulement 6 Médecins généralistes (CPAM 2019) pour 12 353 habitants (recensement janvier 2019), ce qui représente moins d’un ½ médecin généraliste pour mille habitants contre 3,4 médecins au niveau national (OCDE 2018).
Le constat est alarmant. Il met également en lumière le fait de la trop grande zone à couvrir dans le secteur de Fourmies (40km) et de l’insuffisance du nombre de praticiens. Les médecins de garde ne sont plus en capacité à assurer leur garde de nuit. Ainsi la nuit, c’est au centre de régulation du SAMU de trouver un généraliste dans l’Avesnois ou de faire appel au centre Hospitalier (source VDN du 08/05/2019).
Parmi les auxiliaires médicaux, on compte à Fourmies 10 infirmiers, 9 kinésithérapeutes, 2 orthophonistes, un pédicure podologue, aucun dentiste et aucun ophtalmologue.
Le manque de professionnels de santé et plus particulièrement les médecins généralistes, les dentistes, les orthophonistes et les ophtalmologues entraîne des dysfonctionnements profonds et précarise chaque jour un peu plus les populations qui souffrent de problèmes de mobilité (taux de motorisation des ménages plus faibles que la moyenne nationale, 66% contre 81%).
Fourmies compte dans son seul quartier prioritaire, qui parcourt toute la commune, un tiers de sa population. Les attentions doivent être particulières pour que les habitants dit QPV prennent conscience de l’importance d’un bon suivi médical.
Pour changer la situation, en 2017, le ministère des solidarités et de la santé lance un plan dont l’une des quatre priorités est de renforcer l’offre de soins dans les territoires en tension.
L’Agence Régional de santé lance également un projet régional de santé Hauts-de-France (2018-2022) qui permet d’identifier cet enjeu comme une priorité et constitue une feuille de route de l’action collective au service de la santé des habitants de la Région et, fin 2018, publie la nouvelle cartographie des zones pouvant bénéficier d’aides à l’installation des médecins généralistes.
Fourmies, tout comme 57 autres communes du Département du Nord, a été identifiée comme zone d’intervention prioritaire (ZIP) puisque le territoire est caractérisé par un faible niveau d’accessibilité aux soins et identifié comme un territoire fragile et défavorisé socialement.
Cette reconnaissance en ZIP permet aux centres de santé implantés sur ces zones de bénéficier d'aides destinées à réduire les inégalités d'accès aux soins en favorisant une meilleure répartition géographique des professionnels de santé.
La Commune, doté d’un contrat de ville 2015/2022, dispose du dispositif Atelier Santé Ville. Le coordonnateur en charge de l’animation de ce dispositif met des actions en place en faveur des habitants du QPV et développe des stratégies pour réduire les inégalités territoriales.
Par le biais de son Atelier Santé Ville, la commune souhaite compléter les aides de l’ARS pour favoriser l’installation des médecins sur les territoires sous-dotés et soutenir les dispositifs mis en place par la Communauté de Communes Sud Avesnois tels que son réseau de Maisons de Santé.
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La Commune souhaite mettre en place un dispositif pour financer les futurs professionnels de santé sous forme de bourse de stage ou sous forme de bourse d’engagement de 3 à 5 ans selon la spécialité, pour favoriser leur implantation sur le territoire communal.
Au vu de l’article L1511-8 du Code général des collectivités territoriales précisant le cadre règlementaire en matière d’aide attribuée par une collectivité territoriale dans le domaine de la santé publique, de la politique nationale et les aides développées pour rééquilibrer l’offre de soins sur tous les territoires, la commune souhaite s’inscrire dans la lutte contre la désertification médicale du territoire en attribuant, après avis d’un comité consultatif, différentes aides financières aux étudiants en médecine générale et aux spécialistes.
Ce dispositif se déclinera sous 3 axes : une bourse de stage pour les étudiants en médecine générale, une bourse d’engagement pour les étudiants (métiers professionnels de santé) et une prime à l’installation.
Le budget alloué, pour la période 2020/2026, concernerait le financement de 4 bourses d’engagement, 12 bourses de stage, et 5 primes à l’installation soit un montant de 156 040 € :


